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Vers une RSE du futur participative et contributive

Interview de Stéphane Champion, co-fondateur de CitizenWave

Se saisir du sujet de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) n’est plus le seul apanage des grandes entreprises. «En effet, les collaborateurs qui recherchent plus de sens dans leur travail ou les services RH qui ont besoin de travailler sur leur marque employeur pour attirer les millennials, ce ne sont pas des problématiques qui touchent uniquement les grandes entreprises», développe Stéphane Champion, co-fondateur de CitizenWave. Une plateforme en ligne qui permet d’engager ses collaborateurs autour de thématiques sociétales.

Dans un monde du travail où les salariés sont en quête de sens, se saisir de cette thématique peut être un important levier d’engagement collaborateur. Et il est possible de le faire même sans être une structure de taille importante. «On voit de plus en plus d’entreprises qui sont en train de démarrer des initiatives dites de ‘RSE light’», poursuit Stéphane Champion. «Il s’agit de voir comment faire opérationnellement de la RSE pour satisfaire ses salariés et créer une attractivité plus forte envers sa marque».

Retrouvez l’interview complète de Stéphane Champion, co-fondateur de CitizenWave:

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Encore du chemin à parcourir pour certaines grandes entreprises

Pour rappel, la RSE est officiellement définie par la commission européenne comme «la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société». L’éventail de sujets est donc large et l’institution cite sept enjeux autour desquels elle doit s’articuler:  la gouvernance de l’organisation, les droits de l’homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs, les communautés et le développement local.

Côté obligation, seules certaines structures sont tenues de publier un reporting extra-financier défini par le ministère de la Transition écologique comme «la communication par une entreprise d’informations sociales, environnementales, sociétales et de gouvernance, contribuant ainsi à une meilleure transparence sur ses activités, ses caractéristiques et son organisation». Cela concerne les entreprises cotées en Bourse (plus de 500 salariés avec un total de bilan dépassant 20 millions d’euros ou un chiffre d’affaires supérieur à 40 millions d’euros), leurs filiales, ainsi que les sociétés non cotées de plus de 500 salariés avec un total de bilan ou de chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros. Les établissements de crédit, assurances, mutuelles et institutions de prévoyance sont concernés en fonction de leur forme juridique.

Mais, même pour certaines de ces entreprises soumises à l’obligation depuis déjà plusieurs années, il reste encore du chemin à parcourir pour parvenir à faire de la RSE un réel levier RH, selon Stéphane Champion. «Des entreprises ont mis progressivement en place une RSE que j’appelle de ‘conformité’, en tout cas en France. Elle tient alors davantage du reporting extra-financier que d’un véritable engagement des entreprises dans le développement durable. À côté de cela, depuis 10 ans, nous avons commencé à voir une RSE que j’appelle de ‘compensation’. Elle permet d’améliorer l’image de l’entreprise au regard de son bilan carbone. On peut parfois parler de greenwashing voire maintenant de ‘purpose washing’». Or, face aux attentes des collaborateurs, à la guerre des talents qui fait rage pour attirer les meilleurs, les entreprises ne peuvent plus se permettre de ne pas être réellement proactives sur le sujet.

L’intelligence collective: un potentiel trop sous-exploité

Alors, que vous soyez une petite structure qui a décidé de se saisir du sujet de la RSE ou une plus grande qui souhaite donner une nouvelle impulsion à sa démarche, quelles sont les bonnes pratiques?

Pour Stéphane Champion, le premier point est d’écouter les collaborateurs sur les thématiques de développement durable, qui comme il le rappelle ne concernent pas que l’environnement mais aussi la diversité, l’inclusion, l’équilibre hommes/femmes, la lutte contre la pauvreté….

«Cela signifie que l’on va favoriser l’intelligence collective qui est dans l’entreprise. Elle est énorme aujourd’hui. Il y a un potentiel qui est monstrueux et qui n’est pas encore suffisamment exploité. Il est urgent pour les entreprises de mettre en place de véritables moyens pour interagir, écouter, accompagner leurs collaborateurs dans l’engagement», est convaincu le chef d’entreprise. «Le collaborateur ne s’arrête pas de vivre quand il est parti de l’entreprise. Il est également un citoyen, un consommateur et il s’attend à ce que l’entreprise l’accompagne dans ce domaine au niveau du développement durable et des actions possibles».

Ainsi, selon ce dernier, il est également important que l’entreprise soit «en mesure de proposer des actions concrètes, collectives, sur le terrain, qui soient pertinentes par rapport aux attentes des collaborateurs». D’ailleurs, à la question de savoir à quoi devrait ressembler la RSE du futur, Stéphane Champion répond qu’il la voit «participative et contributive».

Innocentia Agbe

Journaliste @LeJournaldes RH et @FrenchWeb.fr Merci d'adresser vos communiqués de presse et informations à redaction@lejournaldesrh.fr

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